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Publié par Flore.M 10 ans Bourgueil

Crédit photo Parents de Flore

Crédit photo Parents de Flore

Le 24 Septembre 2016 avait lieu le 123ème congrès des sapeurs-pompiers. Pour l’événement, la marraine était Marie-Amélie Le Fur. Cette dernière est une très grande championne en athlétisme handisport. A 28 ans, elle détient un palmarès énorme avec des titres de championne d’Europe, du monde, olympique et des records dans différentes épreuves d’athlétisme.  Elle a accepté gentiment de répondre à quelques questions dont les réponses ont d'abord été enregistrées sur dictaphone.

Pourquoi êtes-vous marraine du congrès national des sapeurs-pompiers ?

C'est un monde que j'aime énormément, qui évolue avec de belles valeurs humaines car c'est le métier que je souhaitais faire avant mon accident et depuis ce jour les pompiers ont toujours été là pour me soutenir.

Quelles sont les qualités pour devenir un bon pompier ?

Il y en a beaucoup, et heureusement car cela permet à chaque pompier d'avoir une approche et une pédagogie dans son métier chaque fois différentes.

Sont-elles les mêmes pour devenir un athlète de haut niveau ?

Oui, on retrouve des qualités communes mais, tout comme chez les pompiers, chaque sportif est unique et va construire son projet en fonction de ses propres forces et faiblesses.

Merci pour vos réponses

« Propos recueillis au dictaphone par Flore M. 10ans Bourgueil  avant saisie du texte »

(travail en salle de presse des journalistes pendant le congrès) crédit photo G Desporés

(travail en salle de presse des journalistes pendant le congrès) crédit photo G Desporés

Au moment du congrès des pompiers Marie-Amélie Le Fur rentrait juste des JO de Rio. L’occasion était donc toute trouvée pour une deuxième interview en recueillant (au dictaphone) ses propos sur ces JO, sa carrière et sur son sport.

Pourquoi avez-vous choisi l'athlétisme ?

J'ai commencé l'athlétisme à l'âge de 6 ans pour faire plaisir à ma soeur. Elle voulait en faire, mais pas seule... Je l'ai donc suivie et au bout de quelques années, j'ai vraiment découvert une grande passion pour ce sport.

Votre discipline préférée est le 400 mètres. Mais vous courez aussi le 100 mètres, le 200 mètres et vous pratiquez le saut en longueur. Ces disciplines sont-elles complémentaires ou demandent-elles une préparation spécifique ?

Ce ne sont pas des disciplines réellement complémentaires car on ne demande pas la même chose à nos muscles. Cette année, j'ai participé aux 4 épreuves car le programme était bien fait, mais nous n'avons réellement bien préparé que la longueur et le 400m. Pour le 400m, il faut courir assez vite longtemps, alors que pour le 100m on est vraiment sur l'expansivité - ce ne sont donc pas les mêmes qualités et capacités.

Combien d'heures par jour vous entrainez-vous pour préparer des compétitions comme les JO ?

Pour préparer les jeux, je m’entraine en moyenne 18 à 20 heures par semaine, des fois un peu moins et d'autres fois un peu plus... Cela représente environ 9 séances (de 7 à 11 selon les semaines) que je dois allier avec mon travail chez EDF.

Dans toute votre carrière, quelle victoire vous a le plus marquée ?

Mon premier titre paralympique est le cross pompier en 2005.

Vous avez beaucoup voyagé pour le sport : quel pays avez-vous particulièrement aimé ?

Oui, j'ai beaucoup voyagé et ce, dans beaucoup de pays du monde entier, sur tous les continents. Malheureusement, je n'ai souvent pas la chance de visiter. Mon plus beau souvenir reste la Nouvelle Calédonie.

Avez-vous apprécié ces JO de Rio que ce soit sur le plan sportif mais aussi au niveau de l'ambiance ?

Effectivement aux jeux, il y a le côté sportif et performance qui sont très importants mais l'ambiance, le partage et l'humain sont également des éléments déterminants pour moi. Au cours de cette « paralympiade » (JO paralympique NDLR), j'ai énormément partagé avec des athlètes d'autres sports et du monde entier, c'est très enrichissant. Et dans l'équipe de France, il régnait une belle ambiance et une belle cohésion.

Avez-vous ressenti votre blessure à Rio ?

Pas celle qui m'a dérangée sur la fin de préparation, mais une nouvelle est apparue au bras.

Dans le handisport le niveau d'handicap des athlètes n'est pas identique : comment sont élaborées les différentes catégories ?

Chaque sport a son propre système de catégories. En athlétisme, c'est assez simple, chaque dizaine de 10 à 50 représente une grande famille de handicap. Par exemple dans les 10, c'est un handicap visuel, alors que dans les 40 ce sera une amputation. Le chiffre après la dizaine précise le handicap : 44 = amputé sous le genou d'une seule jambe. Ainsi en athlétisme nous courons généralement avec des personnes qui ont le même handicap que nous.

Courir avec une prothèse nécessite-t-il de développer certaines aptitudes ?

Pas de nouvelles aptitudes, c'est comme au saut à la perche, il faut simplement apprendre à bien se servir du matériel pour faire le geste juste qui donnera la meilleure performance.

Pensez-vous que l'handisport a suffisamment de moyens pour se développer en France ? Sinon que faudrait-il en plus ?

Actuellement, il est encore dur de réussir dans le handisport en France car nous manquons de moyens pour nous préparer correctement. Nous ne sommes pas professionnels et donc pas dédiés à 100% sur notre pratique. Mais le handisport n'est pas le seul sport dans ce cas en France... Il faut désormais attendre que la politique française du sport évolue et donne plus de crédits et de reconnaissances aux athlètes au cours de leur préparation.

Vous êtes championne du monde, d'Europe, olympique et record woman, pensez-vous avoir atteint vos objectifs sportifs ? Quel sera votre prochain challenge ?

Paris 2024 et le développement de projet handisport/ Handicap en région centre.

Sera-t-il possible un jour de voir des sportifs handicapés courir avec des sportifs non handicapés ?

C'est une question compliquée et pour le moment sans réponse car on ne connait même pas l'impact que va avoir la science sur les capacités des handisports dans quelques années, sans parler du fait que le handisport est en pleine mutation et professionnalisation. Mais finalement faut-il vraiment mêler les deux ? Où faire en sorte qu'ils collaborent mieux autour des valeurs du sport ?

Quels messages voudriez-vous faire passer aux écoliers ?

De croire en leur rêve et de donner l'ambition de les réaliser, pour toujours avancer et progresser. Ce ne sera pas toujours simple, parfois même compliqué mais il existe toujours des solutions, et souvent il faut savoir bien s'entourer pour les trouver.

Serait-il envisageable que vous veniez dans notre école pour nous faire découvrir l'athlétisme ?

Avec grand plaisir. Je réalise généralement de tels projets le vendredi en début d'après-midi... Nous pourrions prendre date en 2017 ? !

Merci pour vos réponses et surtout merci pour les moments de bonheur que vous nous avez donnés tout au long de ces JO.

« Propos recueillis par Flore.M 10ans Bourgueil »

« Les pompiers ont toujours été là pour me soutenir » Marie-Amélie Le Fur marraine d’exception pour les sapeurs-pompiers

Bonjour Flore,

 

C’est une interview très bien préparée, ça se sent et c’est primordial. Je te félicite.  

Mais elle est tellement préparée qu’il y a vraiment beaucoup de questions. Laisser 10 questions à la place de 17 serait plus raisonnable, je pense. Je sais que c’est difficile parce qu’on a envie de tout dire, mais malheureusement le journaliste doit faire des choix et ne peut pas jamais tout dire. Sinon, le lecteur est rapidement perdu. A moins d’ « angler ». Et c’est ce qu’il manque à ton papier. Tu abordes avec elle de nombreuses thématiques : les Jeux Olympiques de Rio (pour laquelle tes questions sont très pertinentes d’ailleurs), sa présence au Congrès des pompiers... Ces deux thématiques donneraient en fait lieu à deux interviews différentes.   

 

Petite remarque sur le titre. Généralement on ne précise pas que c’est une interview. Par contre, ce que les journalistes ont tendance à faire, c’est choisir une citation forte et courte. Ensuite, ils la mettent en guillemets et placer le nom et prénom de la personne juste avant.

 

Concernant le début de l’article, tu as le réflexe de rédiger un paragraphe introductif, qu’on appelle chapô. C’est très bien, mais tu dois éviter l’usage du « je ». Le journaliste doit s’effacer, ce qui intéresse le lecteur, c’est la personne interviewé. Du coup, il faut que tu parles d’elle directement. Ce chapô, c’est une sorte de mini-biographie. C’est d’ailleurs ce que tu as commencé à faire en expliquant qu’elle fait partie de l’élite mondiale d’athlétisme handisport. Mais tu peux aller plus loin, en précisant son âge, en précisant son classement aux JO cet été. N’hésite pas prendre des éléments dans ses réponses pour le rédiger. Plus le chapô sera riche en informations, plus le lecteur aura envie de continuer sa lecture de l’interview. Attention à ne pas écrire 15 lignes non plus.

 

Autre petite remarque : juste avant le chapô, il faut rédiger une accroche : une phrase qui résume le message essentiel de ton article.

 

Sur le fond, attention à la hiérarchisation de tes informations. Ici, tu l’interview lors du congrès international des pompiers. Le lien avec l’actualité est tout trouvé. Mais on doit attendre la quinzième question pour savoir ce qui la lie au congrès, à savoir qu’elle en est la marraine. Ça vient beaucoup trop tard. Tu peux supprimer cette question, mais le préciser dans ton chapô par exemple.

 

A la fin de ton article, tu peux signer : « Propos recueillis par Flore », c’est généralement ce qu’on fait.

 

Sinon, c’est très bien. Tes questions sont recherchées, tu connais ton sujet, tu as fait un bel effort de rédaction. Vraiment, bravo, continue sur cette lancée Flore !

 

Léna, deuxième année à l’École publique de journalisme de Tours / France.

Interview d'une grande championne par Flore (article d'origine)

Le 24 Septembre 2016 à Tours, lors du 123ème congrès des sapeurs pompiers j'ai rencontré une grande championne. En effet, j'ai vu Marie-Amélie Le Fur qui fait partie de l'élite mondiale d'athlétisme handisport. Elle a gentillement accepté de répondre à quelques questions que voici :

Pourquoi avez vous choisi l'athlétisme?

J'ai commencé l'athlétisme à l'age de 6 ans pour faire plaisir à ma soeur. Elle voulait en faire, mais pas seule...Je l'ai donc suivi et au bout de quelques années j'ai vraiment découvert une grande passion pour ce sport.

Vous courez le 100m, le 200m, le 400m et vous pratiquez le saut en longueur: quelle est votre discipline préférée?

le 400m

Ces disciplines sont elles complémentaires ou demandent elles une préparation spécifique?

Ce ne sont pas des disciplines réellement complémentaire car on ne demande pas la même chose à nos muscles. Cette année j'ai participé aux 4 épreuves car le programme était bien fait, mais nous n'avons réellement bien préparé que la longueur et le 400m. Pour le 400m il faut courir assez vite longtemps, alors que le 100m on est vraiment sur l'expansivité - ce ne sont donc pas les memes qualités et capacités.

Combien d'heures par jour vous entrainez vous pour préparer des compétitions comme les JO?

Pour préparer les jeux je m entraine en moyenne 18 à 20 heures par semaine, des fois un peu moins et d'autres fois un peu plus...Cela représente environ 9 séances (de 7 à 11 selon les semaines) que je dois allier avec mon travail chez EDF.

Dans toute votre carrière quelle victoire vous a le plus marqué ?

Mon premier titre paralympique est le cross pompier en 2005.

Vous avez beaucoup voyagé pour le sport : quel pays avez vous particulièrement aimé ?

Oui j'ai beaucoup voyagé et ce dans beaucoup de pays du monde entier, sur tous les continents. Malheureusement, je n'ai souvent pas la chance de visiter. Mon plus beau souvenir reste la Nouvelle Calédonie.

Avez vous apprécié ces JO de Rio que ce soit sur le plan sportif mais aussi au niveau de l'ambiance ?

Effectivement aux jeux, il y a le côté sportif et performance qui est très important mais l'ambiance, le partage et l'humain sont également des éléments déterminants pour moi. Au cours de cette paralympiade j'ai énormément partagé avec des athlètes d'autres sports et du monde entier, c'est très enrichissant. Et dans l'équipe de France, il régnait une belle ambiance et une belle cohésion.

Avez-vous ressenti votre blessure à Rio ?

Pas celle qui m'a dérangé sur la fin de préparation, mais une nouvelle est apparue au bras.

Dans l'handisport le niveau d'handicape des athlètes n'est pas identique : comment sont élaborées les différentes catégories ?

Chaque sport a son propre système de catégorie. En athlétisme c'est assez simple, chaque dizaine de 10 à 50 représente une grande famille de handicap. Par exemple dans les 10 c'est un handicap visuel, alors que dans les 40 ce sera une amputation. Le chiffre après la dizaine précise le handicap : 44 = amputé sous le genou d'une seule jambe. Ainsi en athlétisme nous courons généralement avec des personnes qui ont le m ême handicap que nous.

Courir avec une prothèse nécessite-t-il de développer certaines aptitudes?

Pas de nouvelles aptitudes, c'est comme au saut à la perche, il faut simplement apprendre a bien se servir du matériel pour faire le geste juste qui donnera la meilleure performance.

Pensez-vous que l'handisport a suffisamment de moyens pour se développer en France ? Sinon que faudrait-il en plus?

Actuellement il est encore dur de réussir dans le handisport en France car nous manquons de moyens pour nous préparer correctement. Nous ne sommes pas professionnels et donc pas dédiés à 100% sur notre pratique. Mais le handisport n'est pas pas le seul sport dans ce cas en France... Il faut désormais attendre que la politique française du sport évolue et donne plus de crédits et de reconnaissances aux athlètes au cours de leur préparation.

Vous êtes championne du monde, d'Europe, olympique et record woman,pensez-vous avoir atteint vos objectifs sportifs ? Quel sera votre prochain challenge?

Paris 2024 et le développement de projet handisport/ Handicap en région centre.

Sera t-il possible un jour de voir des sportifs handicapés courir avec des sportifs non handicapés?

C'est une question compliquée et pour le moment sans réponse car on ne connait même pas l'impact que va avoir la science sur les capacités des handisports dans quelques années, sans parler du fait que le handisport est en pleine mutation et professionnalisation. Mais finalement faut il vraiment mêler les deux ? Ou faire en sorte qu'ils collaborent mieux autour des valeurs du sport?

Quels messages voudriez-vous faire passer aux écoliers?

De croire en leur rêve et de donner l'ambition de les réaliser, pour toujours avancer et progresser. Ce ne sera pas toujours simple, parfois même compliqué mais il existe toujours des solutions, et souvent il faut savoir bien s'entourer pour les trouver.

Serait-il envisageable que vous veniez dans notre école pour nous faire découvrir l'athlétisme?

Avec grand plaisir. Je réalise généralement de tels projets le vendredi en début d'après-midi... Nous pourrions prendre date en 2017 ? !

Pourquoi êtes-vous marraine du congrès national des sapeurs pompiers?

Car c'est un monde que j'aime énormément, qui évolue avec de belles valeurs humaines car c'est le métier que je souhaitais faire avant mon accident et depuis ce jour les pompiers ont toujours été là pour me soutenir.

Quelles sont les qualités pour devenir un bon pompier ?

Il y en a beaucoup, et heureusement car cela permet à chaque pompier d'avoir une approche et une pédagogie dans son métier chaque fois différentes.

Sont-elles les mêmes pour devenir un athlète de haut niveau?

Oui on retrouve des qualités communes, mais tout comme chez les pompiers chaque sportif est unique et va construire son projet en fonction de ses propres forces et faiblesses.

Merci pour vos réponses et surtout merci pour les moments de bonheur que vous nous avez donné tout au long de ces JO.

Flore.M 10ans Bourgueil