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Publié par Iliana B. 10 ans Bourgueil / France

Bonjour, je m’appelle Iliana, je suis élève de 6ème au collège Le Jouteux. J’écris des articles pour le site des « petits reporters 7, 12 ans ». Parmi eux figure l’article de Serge Lazarevic qui m’a amené à vous rencontrer. Je serais ravie de pouvoir vous poser quelques questions sur votre travail.


 1 - Quel est votre travail et celui de votre organisation ?
Le travail d'Otages du Monde est d'accompagner les proches des otages (familles, amis proches) pendant la captivité et l'otage lui-même à son retour. Cet accompagnement se traduit par une écoute de notre part, en tant que membres de la société civile, donc d'une autre nature que celle, non moins indispensable, que celle des services de l'Etat, en l'occurrence la cellule de crise du quai d'Orsay.
Nous apportons, lorsque les familles le souhaitent, un soutien à la médiatisation et donc à la sensibilisation du grand public, au cas de la prise d'otage (s).
Nous pouvons aussi orienter les ex-otages vers des psychologues spécialisés par les traumatismes bien particuliers qu'ils ont subis. Nous travaillons également avec une autre association, la FENVAC, qui s'occupe des problèmes juridiques et d'indemnisation qu'ils peuvent rencontrer. Notre rôle est d'orienter les victimes vers les bonnes personnes et les associations qui pourront au mieux les aider à résoudre tous leurs problèmes, qui sont hélas nombreux à leur retour. Nous nous fixés enfin un rôle d'information sur la prise d'otages et nous répondons à de multiples demandes de renseignements sur cette problématique telle que la vôtre, chère Iliana, mais également très souvent à des lycéens qui, en classe de première choisissent ce thème pour leur TPE (épreuve du BAC), ou bien encore à des journalistes, des chercheurs, et toute personne s'intéressant à ce sujet.
Personnellement, mon rôle dans cette association est de participer, avec les autres bénévoles, à l'accompagnement et à l'écoute des familles qui font appel à nous en période de prise d'otages et des ex-otages qui ressentent le besoin de parler de leur expérience ou d'avoir des conseils précis (voir notre rôle d'orientation psy et juridique). Je suis également chargée de la mise à jour des données de notre site web, de l'animation de nos réseaux sociaux (Facebook et twitter) et plus généralement, avec ma collègue bénévole secrétaire générale d'ODM, de la communication de l'association.


2 - Où sont situés vos locaux ?
 Nous avons un siège social qui est basé à Hay-les-Rose en région parisienne mais pas de locaux car nos ressources financières ne nous le permettent pas.
 
3 - Combien de membres compte votre organisation « Otage dans le monde » ?
 Nous sommes une quinzaine de membres actifs (pour la plupart ex -otages ou membres de familles d'otages)  et comptons une centaine d'adhérents (cela varie selon les années)
 
4 - Pourquoi avez-vous eu l’idée de créer cette organisation ?
 L'association est née en 2004 et a été créée par des membres très actifs, dont je faisais partie, des comités de libération de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt. Nous nous sommes rendus compte à cette époque qu'il n'existait pas en  France, et nulle part ailleurs (à part la Colombie et l'Angleterre) d'ONG ayant pour mission d'aider les familles d'otages à affronter cette épreuve si particulière que la prise d'otage. Nous constations qu'il y avait , au début des années 2000, une forte croissance des prises d'otages dans le monde et, parmi eux, de nombreux français. Nous avons donc créé cette association qui n'a ensuite cessé d'être sollicitée, preuve qu'il y avait bien une nécessité urgente de la créer.
 
 5 - Dans quel pays y a-t’ il le plus d’otages ? 
 Il est difficile de donner des chiffres exacts sur le sujet car ils sont extrêmement difficiles à connaître mais l'on peut dire que parmi les pays les plus touchés, on relève  la Syrie, les pays de la bande sahélienne,  la Centrafrique, le Nigéria, le Cameroun, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Asie, la Colombie, le Mexique...
 
6 - Combien y a-t’ il d’otages en tout dans le monde ?
  Difficile de dire combien exactement. Au début des années 2000, les compagnies d'assurances donnaient le chiffre de 40 000 enlèvements par an dans le monde (mais elles comptaient aussi dans ces chiffres les prises d'otages dans les banques par ex)  Sur le sujet, vous trouverez des chiffres sur notre site internet dans la rubrique "chiffres sur les otages".
   
7 - Combien d’otages français ont été libérés et, principalement, contre quoi ?
Même si m'on déplore de terribles drame tels que l'exécution d'Hervé Gourdel en Algérie, ou de Michel Germaneau au Niger, la plupart des français otages ont été libérés, fort heureusement. Nous n'avons pas d'information sur toutes les prises d'otages de français car certaines restent confidentielles. Quant à savoir en échange de quoi, nous ne pouvons le dire car nous ne sommes pas impliqués dans le secret des négociations. On parle beaucoup de rançons bien entendu, mais cela ne se traduit pas nécessaire par un échange de billets. Cela peut être aussi des contreparties d'ordre politique (libération de membres de l'organisation des preneurs d'otages qui seraient retenus dans des prisons par exemple).
 

8 - Quelle est le nom de l’organisation qui enlève le plus de personnes ?
 On peut citer les organisations suivantes : Al Quaida, Daesch (E.I), Boko Haram,
Ansaru, les guérillas des FARC et ELN (en Colombie), Abu Sayaf en Asie...
 
9 - A votre avis, quelles sont leurs motivations ?
  Leurs motivations peuvent être de deux ordres : politique et économique (c'est le cas des enlèvement dits "crapuleux" qui ne sont motivés que par l'argent. les enlèvements crapuleux sont fréquents au Mexique par ex. D'ailleurs, nous avons un français, Rodolfo Cazares, qui a été enlevé par les membres de la mafia mexicaine en 2011 et dont nous n'avons pas de nouvelles malgré le versement d'une rançon par sa famille.)

crédit photo  Pour les otages Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, Afghanistan, et du Niger , en 2011, avec Florence Aubenas, à Paris

crédit photo Pour les otages Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, Afghanistan, et du Niger , en 2011, avec Florence Aubenas, à Paris

crédit photo Lors d'un concert de soutien pour les mêmes otages à Auray (Bretagne) - 2011

crédit photo Lors d'un concert de soutien pour les mêmes otages à Auray (Bretagne) - 2011

Crédit photo En juillet 2014, avec Ingrid Betancourt, au festival des Vieilles Charrues, lors de la conférence de presse marquant les 10 ans d'Otages du Monde et du soutien de ce festival à nos actions en faveur des otages

Crédit photo En juillet 2014, avec Ingrid Betancourt, au festival des Vieilles Charrues, lors de la conférence de presse marquant les 10 ans d'Otages du Monde et du soutien de ce festival à nos actions en faveur des otages

commentaire d'interview fait au petit reporter par les étudiants en journalisme. Iliana pourra reprendre question par question pour retravailler le texte selon les conseils de Lola EPJT 2ème année
 
Bonjour Iliana !
Avant de commencer à te donner des conseils pour retravailler ton interview, je voulais te dire que c'est une très bonne idée de rencontrer ton interlocuteur, au moins par Skype ! Par mail, les réponses sont évidemment moins spontanée, mais il y a aussi des termes spécifiques, des tournures de phrases qui peuvent être particulière à la personne que tu interviewes. Donc si tu la rencontres, tu pourras lui poser toutes les questions qui te viennent à l'esprit quand tu as retravailler une première fois une interview.
Maintenant, les conseils. Tout d'abord, l'interview est sûrement la forme d'article la plus difficile, contrairement à ce que l'on pourrait croire. En plus de recueillir les propos d'une personne, tu dois les reformuler pour qu'ils soient clairs pour le lecteur et, en plus, qu'ils ne desservent pas la personne interviewée (c'est-à-dire qu'ils ne lui fassent pas de tort). En gros, c'est beaucoup de travail ! Pour essayer de t'aider, je vais prendre chaque question et te dire ce qui, selon moi, serait les points à retravailler. Mais avant ça, une chose me marque déjà en parcourant rapidement les réponses : elles sont très inégales, il y en a des très longues et des très courtes. Normalement, il faut qu'elles soient à peu près égales. Donc quand c'est trop long, il ne faut pas hésiter à reformuler pour raccourcir la réponse. Je vais t'en parler dans mes conseils.
Avant de commencer l’interview, c’est bien de présenter rapidement la personne que tu interviewes dans un chapô (c’est une sorte d’introduction dans un article, entre le titre et l’article). Donc tu peux commencer par remettre l’interview dans le contexte, tu expliques pourquoi tu es allée poser des questions à cette personne ? Pour te mettre sur la piste, tu peux expliquer en quelques mots la libération de Serge Lazarevic, puis tu peux dire quelque chose comme « Nous avons rencontrer Martine Gauffeny, vice-présidente de l’organisation Otages du Monde ». Puis tu passes aux questions.
(...) Le plus important, c'est vraiment la reformulation des propos. Mais attention, la reformulation, c'est simplement changer la forme de la phrase, surtout pas le fond ! C'est-à-dire qu'on embellit, on rend compréhensible la façon dont c'est dit, mais on ne change pas le sens de la phrase, on ne modifie pas ce qu'a voulu dire la personne interviewée.
Bon courage, l'interview est un exercice difficile, mais très intéressant !
J'aurai plaisir à la lire une fois terminée ! :)
Lola, 2e année à l'EPJT